Lieu: Brunoy.

Résumé: La jalousie peut être définie comme la réponse émotionnelle d’un individu percevant une menace pour une de ses relations sociales. Elle implique l’activation de zones spécifiques du cerveau ainsi que des réponses physiologiques et comportementales. D’un point de vue évolutif, la jalousie peut être considérée comme une émotion nécessaire au maintien des liens de couple chez les espèces monogames. Chez ces espèces, il est en effet possible de provoquer des réactions de jalousie : chez le singe titi roux (Callicebus cupreus), nous avons placé des mâles titi dans une situation sensée provoquer la jalousie et mesuré leurs réactions comportementales, physiologiques et neuronales (analyse du sang et du liquide céphalorachidien, puis scan-TEP). Nous avons étudié 8 couples de singes titis, pour lesquels nous avons placé la femelle du couple près d’un mâle inconnu, afin de mesurer les réactions du mâle du couple. Les mâles en conditions « jalousie » ont passé plus de temps à regarder leurs partenaires et avaient des niveaux plus élevés de cortisol plasmatique les mâles en condition témoin (une femelle étrangère a été placée près d’un mâle étranger). À partir de la scan-TEP, nous avons mis en évidence une activation plus marquée du dans le septum latéral droit (impliqué dans l’agression chez des rongeurs monogames), dans le cortex cingulaire postérieur gauche (lié à la territorialité) et dans le cingulaire antérieur droit (associé aux situations douloureuses) dans la condition jalousie par rapport au témoin. Cependant, ces résultats ne valent que pour les mâles. Afin de mieux comprendre la base neurobiologique de la jalousie et la réaction physiologique des deux individus des couples monogames, nous étudierons la réponse des singes titis femelles face à une situation provoquant la jalousie. Il a déjà été démontré que le comportement de la femelle singe titi vis-à-vis d’une réaction provoquant la jalousie diffère de celui des mâles. Mais cela signifie-t-il que leur réaction neurale et physiologique diffère aussi ? Une nouvelle étude permettra de décrire les différences entre la jalousie des mâles et des femelles chez ces primates. Outre les connaissances sur les bases physiologiques et neurologiques des émotions, cette étude améliorera notre compréhension du lien social chez les couples monogames et de l’évolution de la monogamie. Cette nouvelle étude sera également une étape préliminaire d’un projet d’étude de l’effet des émotions sur la flexibilité cognitive.