Maintenant, plus d’humains vivent en ville qu’à la campagne. L’environnement urbain, créé par l’Homme, n’est pas toujours propice à une vie saine et sereine. Le moineau domestique coévolue avec nous, et l’environnement que nous façonnons, depuis des milliers d’années. Au moins en Europe, c’est une des espèces animales qui nous est le plus étroitement associée. Mais signal alarmant: dans plusieurs mégalopoles du nord de l’Europe, le moineau domestique décline, au point d’être classé dans la liste rouge des espèces en danger d’extinction en Angleterre. Si cette espèce qui a passé des milliers d’années à nos côtés ne parvient plus à vivre dans notre environnement urbain, c’est que nous avons dû générer des villes où la vie est plus stressante qu’à la campagne.

Le projet URBASTRESS (Influence of urbanization on vertebrate populations: an ecophysiological approach), financé par l’Agence Nationale de la Recherche, va explorer trois sources stress environnementaux qui pourraient être la cause de ces moindres performances physiologiques et démographiques des moineaux urbains: le déficit alimentaire (en particulier protéique pendant la croissance des jeunes), l’exposition aux parasites et l’exposition au bruit.

Ce projet a été initié et est porté par Frédéric Angelier (Centre d’Etudes Biologiques de Chizé - CEBC, Deux-Sèvres), spécialiste de la physiologie du stress et de ses conséquences sur les performances des oiseaux, depuis leur métabolisme jusqu’à leur reproduction. Le projet bénéficiera des compétences de François Brischoux (CEBC, physiologie du stress), Bruno Michaud (CEBC, suivi de populations expérimentales), Charline Parenteau et Colette Trouvé (CEBC, analyses biologiques), Clotilde Biard (IEES, parasitologie évolutive), Frédéric Jiguet (Vigie-Nature/CESCO, tendances des populations en France, au travers du STOC Points d’écoute), de Pierre-Yves Henry (équipe BIOADAPT - MECADEV / équipe CRBPO - CESCO, démographie des populations et écologie du stress trophique) et du réseau des bagueurs du Centre de Recherches sur la Biologie des Populations d’Oiseaux (CRBPO) réalisant la veille sur le fonctionnement démographique (productivité, survie) des populations de moineau domestique en France depuis plus de 10 ans (au travers du Suivi de Populations d’Oiseaux Locaux (SPOL) ciblé sur le moineau domestique).

Après la glorieuse ère du SPOL Moineau des années 2000, portant sur la parasitologie évolutive de la malaria aviaire, le SPOL Moineau va maintenant contribuer à un grand défi scientifique et sociétal: comprendre ce qui limite la vie des animaux en ville (à démarrer en janvier 2017) !