Résumé de l’intervention:
L’analyse biomécanique de la préhension humaine a connu un essor considérable ces dernières années avec le développement de nouvelles techniques de mesures expérimentales et de modélisations musculo-squelettiques. Ces avancées ont permis de mieux comprendre la préhension humaine en particulier concernant les phénomènes associés à la gestion de la force de préhension, la coordination des doigts et les coordinations musculaires.  Ces avancées montrent que les différents types de préhension sollicitent le système neur-musculo-squelettique de manière très distincte. Par exemple, les coordinations musculaires durant les tâches de "grimper" ou de "pianotage" sont fondamentalement différentes de celles utilisées durant les tâches de "préhension". Du point de vue clinique et ergonomique, ces connaissances sont cruciales pour offrir des solutions adaptées à chaque problématique. Sur la base de ces connaissances et des outils biomécaniques développés, une étude en collaboration avec le Muséum a été initiée afin d’étudier la préhension chez les primates actuels. Nous pensons en effet qu’une telle analyse pourrait permettre de comprendre pourquoi les différentes espèces ont recours à différents types de préhension. Cette démarche, utilisant la simulation numérique du modèle biomécanique, pourrait être un moyen original pour aborder les problématiques évolutives chez des espèces disparues.

Bio: Laurent Vigouroux a soutenu sa thèse en 2005 à l’Université Joseph Fourier de Grenoble et est, depuis 2006, maître de conférences à l’Université d’Aix-Marseille à l’Institut des Sciences du Mouvement (UMR CNRS 7287). Depuis le début de sa thèse, Laurent V s’intéresse à l’analyse biomécanique de la préhension humaine. En particulier, il a développé des méthodes expérimentales de biomécanique et un modèle musculo-squelettique de la main afin d’investiguer les coordinations musculaires durant diverses tâches de préhension. Il s’est notamment intéressé à la préhension de précision et de puissance dans la vie quotidienne et au travail, ainsi qu’à la préhension chez les grimpeurs et les joueurs de tennis. Les connaissances élaborées ont été utilisées pour améliorer l’ergonomie des objets et des outils ainsi que pour optimiser les procédures cliniques de prévention et de réhabilitation de pathologies (arthrose, tendinites, ruptures de ligaments).